Voir, percevoir.

Voir, percevoir

♫♪ English version here ♪♫

Cela fait des mois qu’Elianor s’émerveille, rit, sourit, gazouille en voyant son reflet et je ne me lasse pas de la voir faire. Sa découverte du miroir était quelque chose que j’ai sûrement apprécié autant qu’elle. Je dois même avouer que lorsque je l’ai sur les genoux, elle a tendance à appuyer sur la touche windows et à répétition, car elle a compris que ça renvoyait sur le modernu UI, où apparaît non seulement une icône représentant le bureau (et elle est grande chez moi), mais aussi mon fond d’écran qui apparaît en fond pour le modern UI. Depuis sa naissance mes fonds d’écrans ont souvent changé, mais le modèle des photos reste le même : mon bébé. Elle est fascinée par son image et en bien. Le sourire se transforme vite en rire ou en râle si je la laisse faire ou l’écarte du clavier.

J’aime sûrement autant prendre des photos qu’elle, qu’elle, de se regarder par la suite. Elle a d’ailleurs déjà compris le principe du téléphone qui prend des photos et de l’appareil photo. Le selfie n’aura bientôt plus de secret pour elle. Et pourtant je ne la mets pas devant l’ordinateur, je ne lui donne pas mon portable en main, pas plus que je ne la laisse toucher notre appareil photo. Mais, comme je le disais, son image la fascine.

« C’est drôle qu’elle réagisse de la sorte !  » C’est ce que je me disais. Un jour je me suis demandée : « Pourquoi réagit-elle de la sorte ?  »
Mais à peine que je songeais à cette question que d’autres suivaient. « Quand est-ce qu’elle le perdra ? », « Pourquoi est-ce que je fuis mon image ? », car je dois dire qu’en fait c’est ça qui me fascine. Elle est adorable, mignonne (et une flopée d’autres qualificatifs du genre) quand elle se regarde dans un miroir. On voit qu’elle aime se regarder, qu’elle apprécie son image, qu’elle se plaît à être représentée sur un fond d’écran d’ordinateur fixe, de téléphone portable. Et aussi mignon que ce soit, de mon point de vue c’était fugace. Mais pourquoi le serait-ce ? Pourquoi devrait-elle arrêter d’apprécier quelque chose d’aussi naturel que son reflet, sa représentation ? ~ Premier déclic ~

Je suis peut-être un mauvais exemple car je suis le stéréotype de la femme complexée qui ne se veut dans aucune photo, qui, quand elle se maquille se concentre sur le maquillage et pas la personne reflétée dans le miroir. Même sans prendre quelqu’un qui tombe autant des les extrêmes que moi, on sait que bon nombre de personnes complexent. D’ailleurs on entend régulièrement que tout le monde complexe pour au moins une chose. Dans les tests que l’on trouve dans les magasines féminins, il y a régulièrement la question « Parmi les choix suivants quelle chose vous fait le plus complexer ? »

Tout revient malheureusement à l’image que nous avons de nous-même. L’image que nous avons qui ne coïncide pas avec l’image que l’on aimerait avoir, car on sait que l’on vit dans un monde dominé par des normes, normes auxquelles nous ne répondons pas.
Ô, méchant monde occidental, vile société de consommation, à bas les média qui implémentent des clichés et normes, blablabla ! Même si une part importante de l’image qu’on a de nous-même correspond aux attentes que peuvent avoir les gens, la société, etc., une autre part (sûrement la plus importante, qu’on le reconnaisse, ou non) vient simplement de l’image que l’on a de soi. Moi, en tant qu’individu. Comment est-ce que je me vois ? Quelle est ma place dans le monde ? Quelle opinion peut-on avoir de moi ? Lorsque l’on grandit on perd cette innocence, cette fraîcheur qu’un bébé peut avoir en se regardant. On se sent et on est jugé quotidiennement. Mais quelle est la personne qui juge le plus, ce n’est pas la fille populaire en 5ème A, ce n’est pas votre meilleure amie qui vous a tourné le dos car vous étiez en train d’évoluer et de changer toutes les deux, ce n’est pas votre voisin, un passant, ni cet inconnu dans le bus. C’est vous. ~ Deuxième déclic ~

Je suis, à mon plus grand regret, mon pire juge. Je suis celle qui ne voulait pas voir mon reflet car il était imparfait, gros, moche. Et on a beau le savoir, l’entendre, on se fait quand même avoir. On a beau recevoir des compliments de personnes proches, on les ignore. ~ Troisième déclic ~

Mais vous savez quoi ? Depuis un an je ne fuis plus autant la caméra. J’ai même regretté qu’on n’ait pas plus de photos de famille.

Qu’est-ce qui a changé pour moi ? Je me suis vue dans le miroir avec ma fille dans mes bras. J’étais en train d’admirer le plus beau bébé du monde, qui était ébahie et heureuse devant son reflet. L’homme de ma vie est entré dans la pièce et m’a entourée de ses bras. J’ai pris du recul, j’avais non plus la vision uniquement centrée sur ma fille, mais sur nous. Et c’était beau. Et ça l’est toujours.

Note pour moi-même : Ne reste pas centrée sur un détail qui ne te plaît pas, prend du recul et admire l’ensemble. Ne reste pas sur un jugement hâtif, accepte de voir l’image dans son intégralité, telle qu’elle est réellement.

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Une réflexion sur “Voir, percevoir.

  1. Pingback: The Daily Post’s weekly photo challenge – Ephemeral | Note pour moi-même

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